LES CARNETS DE ROUTE
Tini Tinou : semaine du cirque à Phnom Penh
Cambodge (7 – 13 novembre 2005)
Créé en 2004 par le Centre Culturel Français de Phnom Penh, le festival Tini Tinou réussit à mêler la promotion du nouveau cirque français tout en valorisant le cirque contemporain cambodgien. Lors de sa première édition, Tini Tinou avait surpris par l’éclectisme de sa programmation : Circus Solo (jonglage avec la bouche), Fakir Keo Lay (tours de force), école et compagnie Phare Ponleu Selpak et Urba, Chloum Ra (cirque médicinal !) et Baro d’Evel pour représenter la France.
Pour l'édition 2005, les artistes Cambodgiens et Français sont bien sur au rendez-vous, aussi nombreux que l'an dernier. Mais la grande et bonne nouvelle de cette année, c'est la présence d'artistes Lao et Birman ! En l'espace de deux ans, Tini Tinou est devenu le seul festival international de cirque traditionnel et contemporain de la zone.
(Textes Anne Leal et photos de Philippe Bataillard)
# commentaires | @ répondre
Mercredi 9 novembre
Mercredi soir : premier soir où la parade se déroule (enfin !) sous un ciel clément. Suite aux deux premières soirées placées sous le signe des orages et de trombes d’eau prêtent à se déverser pour accompagner la parade, l’éléphante, les enfants et les artistes peuvent enfin déambuler le long du quai Sisowath dans des conditions plus agréables. Du coup, l’ambiance est au rendez-vous.
Tout Phnom Penh se prépare à célébrer la fête de l’indépendance et de nombreux spectateurs se pressent dans la grande salle de Tini Tinou. La fin de la pluie aidant, le nombre de spectateurs présents a mis à rude épreuve la solidité des gradins ! Et pour célébrer ce jour anniversaire, un magnifique feu d’artifice est tiré dans le ciel Phnom Penhois, juste à la droite de la scène, ce qui a quelque peu distrait les spectateurs qui avaient tous étrangement la tête tournée dans la direction opposée à la scène ! Une fois le spectacle pyrotechnique terminé, les numéros cambodgien, birman et lao se déroulent en continu sous le regard captivé des spectateurs.

Ecole de cirque de l’URBA
Pour la petite histoire : L’école de cirque de Phnom Penh ou école de cirque de l’URBA a été créee en 1990. C’est à cette date que l’enseignement du cirque passe de la responsabilité du Théâtre National à celle de l’Université Royale des Beaux Arts de Phnom Penh. L’influence russe des débuts reste très marquée encore aujourd’hui puisque les professeurs furent en majorité formés par ces derniers. Le bagage solide qui leur a été transmis a permis à la formation de perdurer après le retrait des aides soviétiques et vietnamiennes. Aujourd’hui l’école compte 10 professeurs et 40 élèves mais rencontre des difficultés à recruter de nouveaux élèves. Les nouvelles inscriptions se font rares car l’école a peu de moyens pour mettre en place des activités, joue rarement, dispose d’un materiel obsolète et propose peu de débouchés aux artistes. La création annuelle proposée par l’école est, malgré ces difficultés toujours une belle réussite qui donne envie de les voir plus souvent sur scène!
La troupe nous proposera deux spectacles : le premier, le mercredi 9 novembre, composé de plusieurs numéros, et “Sandan Trei Reach” (Famille de poisson royal), une histoire qui parle de poissons pêchés illégalement par les hommes. Ceux-ci coupent également le bois qui sert de refuge à ces poissons, espèce protégée en voie de disparition. Mais grâce aux forces unies des poissons, ces hommes sont condamnés à disparaître et les poissons peuvent vivre heureux.
U Own Myint « Chinlon »

Venu spécialement de Myanmar, U Own Myint présentera divers numéro d’acrobaties et de jonglage réalisés avec une petite balle en rotin appelée “chinlon”, du nom d’un jeu collectif birman répandu dans toute l’Asie du Sud-Est. Le chinlon ne doit ni tomber à terre ni être touché avec les mains. Dans ses multiples explorations en solo, U Own Myint a appris à manier, avec les jambes uniquement, une vingtaine de chinlon simultanément.
Sai
Saï est le fruit d'une rencontre entre la Compagnie Chant de Balles dirigée par le jongleur-luthier Vincent de Lavenère, des artistes du Cirque National lao et des musiciens laotiens. L'objectif est de mêler plusieurs disciplines comme le cirque et la marionnette autour d’une musique qui sert de fil conducteur rassemblant différents genres. Saï s'articule autour d'une structure musicale et spatiale qui s'élabore au fur et à mesure du spectacle.
# commentaires | @ répondre